QDA : L'affaire McKinsey : corruption, incompétence ou complotisme ? et le scandale Buitoni
- quartdheurelillois
- 4 avr. 2022
- 3 min de lecture
L'affaire McKinsey : corruption, incompétence ou complotisme ?

Depuis plusieurs semaines, un nom est dans toutes les bouches du monde politique français, le cabinet McKinsey. Quelle est cette affaire ? Les implications de l’État ? Les éléments à en retirer ? L’affaire McKinsey mélange fraude fiscale, connivence politique, conflit d’intérêts et questionnement sur la démocratie. Depuis 2017, Emmanuel Macron et son gouvernement ont fait appel massivement à un cabinet de conseil, parmi d’autres, pour aiguiller leurs décisions politiques. Sollicité pour une quarantaine de missions comme la stratégie vaccinale, la réforme des retraites ou l’application du télétravail, le cabinet est impliqué sur des sujets centraux du mandat du leader de LREM. Mais alors, où se trouve la polémique ? Tout d’abord, celle-ci porte sur la légitimité de cet emploi du consulting. L’appel aux cabinets de conseil a doublé sous le mandat de Macron, payé par l’argent public (1 milliard d’euros en 2021), ce recours massif pour orienter des décisions politiques interroge sur l’intervention d’un cabinet privé américain dans la politique publique de la France, disposant de ministères, d’organisations étatiques et plus globalement de fonctionnaires pour réfléchir sur les mesures à prendre. Ensuite, le prix et la qualité du travail du cabinet sont remis en question avec par exemple un PowerPoint et 50 pages de rapport pour 900 000€. Mais la liste des problèmes avec ce cabinet n’en est qu’au début ! En effet, ces éléments n’incriminent pas réellement l’État, leur choix de sous-traitance est contestable, mais pas illégal.
Cependant, l’évasion fiscale au Delaware aux États-Unis du cabinet McKinsey durant les 10 dernières années transforme l’affaire en scandale. Tout contractant avec l’État doit voir sa fiscalité vérifiée par ce dernier. L’évasion fiscale, ou optimisation fiscale pour dissimuler le caractère immoral de ces processus, est donc soit passer sous les radars des institutions françaises, ce qui montrerait une incompétence critique avec un partenaire si souvent sollicité, soit simplement dissimulée, ce qui relèverait alors même de la corruption. Enfin, la collaboration entre McKinsey et l’État relève du conflit d’intérêts. Parmi d’autres, nous trouvons Maël de Calan, consultant dans le cabinet et ayant participé à une réunion sur la stratégie vaccinale alors qu’il détient des intérêts commerciaux avec… Pfizer ! Enfin, le cas de Victor Fabius pose question sur cette même stratégie vaccinale. Ce dernier, directeur associé du cabinet McKinsey a travaillé sur le pass vaccinal alors qu’il n’est pas un élu, contrairement à son père Laurent Fabius et président du Conseil Constitutionnel, ayant validé la constitutionnalité du pass vaccinal, des relations qui pose logiquement des questions sur la neutralité des institutions.
Le scandale sanitaire Buitoni

Zone la plus touchée et hébergeant l’usine suspectée dans l’affaire, les Hauts-de-France sont frappés de plein fouet par le scandale des pizzas Fraich’ UP de la marque Buitoni. Une affaire sanitaire qui porte sur la présence de la bactérie E. coli dans les pizzas de la gamme, ayant contaminé de nombreuses personnes, 16 rien que dans les Hauts-de-France. Deux enfants sont morts de la bactérie, mais le lien entre leur décès et la marque n’est cependant pas encore établi et la responsabilité de Buitoni pas encore engagée. En réaction, plusieurs familles ont déposé une plainte à l’encontre de la filiale de Nestlé pour obtenir des réparations aux séquelles parfois durables et connaître la vérité sur la provenance de cette bactérie. Une enquête a été ouverte pour homicide involontaire, tromperie et mise en danger d’autrui. C’est l’usine de Caudry, dans le Nord, qui est visée par cette affaire. Un ancien employé d’une usine de la région a témoigné son expérience chez Buitoni. Il décrit « des champignons au mur », « des vers sur les tapis où passent les pizzas » et "des mégots de cigarettes dans les bacs de rattrapage de sauce". Ces informations doivent encore être validées par l'enquête qui vient de s'ouvrir. Cette affaire se concentre aujourd’hui sur Buitoni, mais elle n'est malheureusement pas la seule du secteur à se retrouver viser. En effet, l’industrie agroalimentaire n’en est pas à son premier scandale sanitaire sur fond de course effrénée aux profits.
Écrit par Noé Cathiard


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