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Interview de Jean-Loup Lemaire, fondateur de La Tente des Glaneurs:

  • quartdheurelillois
  • 22 avr. 2022
  • 3 min de lecture



Qui êtes-vous Jean-Loup ?


“Je suis un ancien cuisinier qui a fait le tour de la France et de l’Europe et je suis le fondateur de l’association de La Tente des Glaneurs, une association de redistribution solidaire alimentaire permettant d’éviter le gaspillage et de nourrir les personnes dans le besoin.

Je suis actuellement le coordinateur national, je participe donc au bon développement de La Tente des Glaneurs dans toute la France ainsi que dans certains pays en Europe comme au Portugal, en Espagne ou bien encore en Belgique.”


Qu’est-ce qui vous a poussé à faire ce projet, à créer cette association ?


“Après séparation d’avec ma compagne je suis revenu dans le Nord, dans mes racines et j’habite au niveau du Quartier de Wazemme de Lille, le deuxième marché européen non sédentaire.

Ce quartier représente environ 150 commerçants,500000 personnes traversant un quartier de 28000 habitants. Il y avait des gens qui fouillaient des bennes pour trouver de quoi se nourrir et donc j’ai voulu essayer de travailler intelligemment et redonner une dignité aux gens car mon kiffe c’est de donner à manger aux gens, j’ai arrêté de donner à manger aux riches pour donner richement à manger aux personnes dans le besoin.”



Après votre ouverture en 2010, avez-vous eu pour objectif de la développer ?


“Je ne voulais m’occuper que de Wazemmes, je ne savais pas que ça allait se développer dans 31 villes en france, 4 en Europe (Lisbonne, Madrid,Mons et Anderlecht) et que j’allais créer un concept. En tant que conseiller de quartier je voulais donc opérer à petite échelle et trouver une solution pour mon quartier sans savoir que ça allait dégénérer positivement.”


Comment assurez-vous en tant que coordinateur national, le bon développement de ces tentes ?


“La Tente des Glaneurs est une franchise de marque déposée à mon nom et inventée.

Ce sont donc toutes les mêmes mais tout simplement, à Lille c’est l’académie, c’est à dire que c’est là que se forment toutes les Tentes des Glaneurs d'Europe et de France. Toutes ont une formation du même modèle et selon un cadre juridique bien précis. Mon métier à moi c’est de me déplacer sur toutes les Tentes des Glaneurs pour assurer une bonne communication avec chaque Tente des Glaneurs et que le modèle fonctionne bien.

Je peux donc demander des comptes pour vérifier le bon fonctionnement de ces tentes, je demande un rapport annuel et me déplace deux fois par an sur l’antenne.”



Comment financez-vous l’association ?


“Notre association a abandonné les finances publiques et se concentre donc sur un financement privé avec des fondations familiales et des organismes tels que Bonduelle, Decathlon dans le nord.”


Comment les gens sont attirés par votre projet ?


“Notre association fonctionne via un bénévolat à la carte, c'est-à dire que tout bénévole vient comme il le souhaite, quand il le souhaite mais il doit prévenir à l’avance en s’inscrivant sur notre site Facebook sous forme de voeu, on s’engage à venir pendant une heure ou plus et on peut le renouveler quand on le souhaite. Mon plus gros problème avec ce système c’est que j’ai parfois même trop de bénévoles.”



Quels projets voudriez- vous mettre en place pour la suite ?


“Nous avons pour objectif de continuer à développer la Tente des Glaneurs en France et en Europe. Nous voulons aussi d’ici quelques années arrêter de travailler avec les marchés de villes mais travailler avec les marchés d'intérêt national (MIN) comme à Lommes (2ème MIN après rungis) et donc de nous attaquer à la source du gaspillage et de permettre de récupérer plus pour donner plus.

De plus, nous avons monté une filiale “#mangetapoubelle”, le message est que ce qu’ils jettent nous le cuisinions. Nous avons par exemple organisé le cocktail de l’inauguration de la fresque de Jef Aérosol, pour 400 personnes, et celà correspond environ à 4000 pièces sucrées et salées faites via des produits qui allaient être gaspillés.

Nous avons enfin un projet de solidaire food truck permettant de cuisiner des produits que l’on vend à bas coût. Les gens qui peuvent acheter pourront payer pour ceux qui ne le peuvent pas, mais ce foodtruck nécessite de nombreuses donations car celà coûte cher en équipement.”


Par Adham Bezzar






 
 
 

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